Il y a des coïncidences bavardes qui se passent de tout commentaire, non ?
.
Vu hier soir au théâtre du Gymnase à Marseille : "Le Cabaret Des Hommes Perdus".
Impressions mitigées.
L'écriture et la mise en scène sont vieillottes et frisent parfois le ringard.
Il reste quand-même l'idée de faire un cabaret sur des thèmes pas évidents à aborder : la pornographie et le corps objet, l'homosexualité avec ses excentricités, ses "chemins de perdition" et son égocentrisme, le sida, ...
Le dernier tiers du spectacle décolle et on se laisse prendre par l'humanité des personnages qui se rapprochent un peu de "Priscilla, folle du désert".
Il y a quelques chansons bien senties, notamment : "Moi et mon moi", qui résume assez bien la problématique de toute l'histoire !
Bons chanteurs malheureusement pas toujours très bien dirigés. Mention spéciale à Sinan Bertrand, le grand personnage travesti que vous pourrez apercevoir sur la vidéo qui suit.
dimanche 23 mars 2008
Le Cabaret Des Hommes Perdus
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mardi 18 mars 2008
Oscar Et Moi

Nous avons repris aujourd'hui les répétitions de "Oscar Et Moi". Pour cette semaine, c'est au théâtre du Jeu de Paume à Aix. Quelle chance.
Mise en espace d'un couple amoureux (une danseuse : Virginie Coudoulet-Girard et un musicien (qui danse aussi) : Philippe Domengie) et mise en formes de leurs inconscients.
Très imprégné que je suis de ma récente lecture : "Le Livre Du Ca" de Groddeck (psychanalyste allemand contemporain de Freud), c'est passionnant de chercher l'incarnation sur un plateau de théâtre de nos symboles, associations, projections, pulsions et de tous ces mécanismes qui nous constituent.
Passionnant de penser que le "ça" n'a pas d'âge, qu'il n'a pas de sexe ou plutôt, qu'il possède les deux indifféremment, qu'il ne pense qu'à l'auto-satisfaction, qu'il n'aspire qu'à retrouver le giron maternel tout en cherchant sans cesse à s'en échapper.
Un peu mis à distance, c'est inquiétant par moments et très souvent, cela devient burlesque.
En tous cas, c'est une belle rencontre et une magnifique opportunité de m'essayer à la mise en scène.
Promis, c'était pas prémédité...
Le Nomade Village : le site
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lundi 17 mars 2008
Autour du mythe de Lilith
![]()
Aujourd'hui, troisième intervention dans un collège de Marseille pour présenter le spectacle "Lilith" (l'histoire de la première femme chassée du Paradis parce qu'elle refusait de se soumettre à Adam) et débattre avec les élèves de l'égalité hommes/femmes.
Après avoir parlé de l'excision, à la question : "est-ce que vous savez ce que c'est un clitoris ?", la réponse n'a pas tardé de la part d'une élève :
"ah oui, il y en a en Afrique !"
Et il n'y a rien à dire, c'est parfaitement exact.
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dimanche 16 mars 2008
Cueillette
Pourquoi ça me ravit autant la cueillette des asperges sauvages ?
Oui, oui, on est encore allé ramasser des asperges dans les calanques. Ca devient une manie à cette époque. A défaut de champignons.
Alors je disais, ça me ravit sans doute parce que c'est gratuit, il y en a à profusion, c'est le printemps qui s'annonce, le romarin et les genêts sont en fleurs.
Et à chaque pas dans les broussailles, mon coeur bondit dans ma tête et me dit sans pouvoir s'arrêter :" la vie est belle, la vie est belle, la vie est belle !"
En fait, ça me rend complètement niais et c'est pour ça sans doute que je suis ravi...
Heureux les simples d'esprit...
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samedi 15 mars 2008
Big Pang

Aujourd'hui, j'ai eu une conversation philosophique sur l'origine du monde avec le tenancier du pressing de la rue St Michel.
La couleur est apparue, lorsque le prisme est apparu.
Et le prisme est apparu quand un certain gaz s'est évaporé du globe terrestre (me demandez pas, je ne me souviens plus duquel exactement).
Quand on meurt, il ne reste plus que du gaz que l'on peut visualiser sous la forme de feux-follets.
A l'origine : des gazs et après la mort aussi.
Nous ne sommes qu'un gaz.
D'où le bien-être ressenti quand on lâche un pet.
C'est comme une respiration fondamentale, un mouvement de la vie.
Est-ce un hasard si l'on utilise, en français en tous cas, les mêmes phonèmes pour désigner pet et paix ?
Méditation de pressing à consommer avec modération...
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dimanche 9 mars 2008
Enjambe Charles
C'est le titre du dernier spectacle de Sophie Pérez et Xavier Boussiron à Beaubourg à Paris.
Désolé pour l'info tardive, ça finit aujourd'hui...
Un spectacle qui met en joie !
Difficile d'en rendre compte cependant.
On sent que tout est très travaillé de la scéno (Sophie Pérez est plasticienne au départ) à la mise en scène et au jeu, et pourtant, il reste une impression de magma mal léché, où tout semble en vrac et où les acteurs se laissent aller à toutes sortes de débordements absurdes et hilarants, sans avoir une réelle notion du temps et du rythme que l'on doit "habituellement" imposer à un spectacle.
Bref, ça ne ressemble à rien.
Ou plutôt si : ça ressemble à tous ces moments qu'on passe entre amis où on rigole comme des tordus sur des grosses conneries, sauf que là, ils ont "juste" eu l'idée de le mettre en scène.
Des instants de vie mis bout à bout donc, avec un atelier de poterie, un florilège de chansons d'Aznavour avec imitation à la serpe (j'adore), et une rencontre avec Louise Bourgeois, sculptrice française qui travaille, entre autres, sur la fragmentation du corps et le rapport à l'autre.
On navigue à vue, quelque part dans l'inconscient.
Et comme on y est (dans l'inconscient), il semble que tout soit permis et ils se le permettent.
Il y a un truc qui court tout le long du style : "on en a rien à foutre", pas de morale, pas de limite, comme nous quelque part, quand on a bu ou quand on rêve.
C'est vrai, on croit rêver, et c'est très jouissif !
Ci-après, une image d'un autre spectacle de Sophie Pérez : "El coup du cri Andalou".
.
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samedi 8 mars 2008
Gutten Tag
J'ai été tagué (c'est un jeu de bloggueur) par la Rach'
et donc je dois :
* Mettre le règlement sur le blog (c'est ce que je suis en train de faire, là, tout de suite).
* Mentionner six choses/habitudes/tics importants pour moi.
* Taguer six personnes à la fin du billet en mettant le lien de leur page perso.
* Avertir personnellement les personnes taguées.
Je suis joueur, donc je joue.
Mais je n'ai personne à taguer, désolé, les quelques peu que je connaisse en blog sont déjà tous tagués. Alors de mon côté la chaîne s'arrête, niak.
.
* Avoir toujours le sentiment d'avancer, en tout, même si ça doit passer par des périodes de stagnation ou de régression.
* Accepter d'être un gros con, vilain et pas gentil (rien que de l'écrire ça me soulage, dis-donc !)
* Je déteste la mort et on a beau me dire :"c'est normal, tout le monde y passe", je continue de revendiquer le droit à la vie éternelle, tout de suite, là, dans cette vie.
* J'adore prendre un café, le matin, à une terrasse ensoleillée, seul avec un bouquin ou le journal, ou avec un ou une ami(e), à se raconter des trucs qu'on se dit surtout quand on est que deux en tête à tête.
* J'ai toujours peur d'être étouffé ou étouffant. Je suis adepte de l'indépendance et accroc au collectif. Pas toujours facile à gérer...
* Je trouve que, quand-même, il y en a qui exagèrent de raconter à tout le monde quand est-ce que je me lave les dents ou si je ronfle la nuit. Qui ça intéresse, je vous le demande. Et en même temps j'adore qu'on parle de moi gentiment comme le fait cestui_là !
(comprenne qui pourra)
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mercredi 5 mars 2008
Pélerinage parisien
Premier retour à Paris depuis l'arrivée de Didier à Marseille.
En arrivant à la gare de Lyon, je ne prends plus, désormais, le métro direction République.
Je suis un touriste dans cette ville où j'ai vécu pendant 20 ans.
Ca fait comme un petit choc, quand-même.
Un deuil à faire, le sentiment momentané d'être un peu perdu.
Dans une période qui a quelque chose d'agité et d'inconfortable dans la tête.
Et le lendemain matin, en marchant sous la pluie, il y avait écrit ça sur le trottoir :
.
Je suis sans doute complètement narcissique mais je l'ai pris pour moi et ça m'a fait du bien !
Merci Melle 2Nuit.
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dimanche 2 mars 2008
Bach Coltrane

C'était vendredi soir à la Station Alexandre, à Marseille. Un concert de 2h avec le quatuor Manfred, Raphaël Imbert (sax), Jean-Luc Di Fraya (voix, percus), Michel Peres (contrebasse) et André Rossi (orgue).
Un moment de grâce pure.
Une vraie rencontre entre Bach et Coltrane sur le terrain de l'écriture et de l'improvisation.
En direct, sans bidouilleries de machines ou de collages pour bien nous faire comprendre les parallélismes de compositions.
Des musiciens hors pair, un travail exigeant et humble, un vrai désir de donner au public présent en le considérant dans toute son intelligence et sa sensibilité, avec force, émotion et humour.
Des corps et des visages transfigurés et nous public, moi en l'occurence, hérissé de tous mes cils vibratiles du début à la fin, recevant, recevant avec gratitude et émerveillement.
On nous parle du mysticisme, point commun entre Bach et Coltrane.
Pas forcément dans un rapport à Dieu mais dans une transfiguration de notre simple condition terrestre. L'expression de ça dans du concret quel qu'il soit.
Et là, mention très spéciale à Jean Luc Di fraya.
.
A la première note qui sort de son gosier, on sent qu'il se passe quelque chose d'inhabituel.
Quelque chose de très grand, très vaste, très ample, puissant et léger à la fois.
Et puis il chante : "He nevuh said a Mumbalin'World" (negro-spiritual) et là, l'émotion enfle jusqu'aux sanglots, impossible à maîtriser, comme un bon gros chagrin d'enfant qui remonte des profondeurs. Et on a juste envie qu'il ne s'arrête jamais de chanter, celui-là !
Et on pense à beaucoup d'autres qui chantent, qui ont une sorte de succès et là on pleure encore, mais ce ne sont plus les mêmes : on est juste navré que l'humanité s'entraîne à descendre si bas alors qu'elle pourrait grimper si haut...
J'ai eu la sensation, plus que la compréhension, très exacerbée à cet instant de l'importance d'être au plus près de soi et de l'urgence de se débarasser de tous les à prioris, les préjugés et les idées reçues sur ce qu'il est bon de faire ou de ne pas faire.
Juste s'écouter et se redemander sans cesse, qu'est-ce que j'ai à dire, moi ?
Comment je veux le dire ?
Sans se préoccuper de savoir si tout ça est bien raisonnable, bien cadré, cadrable, convenable, convenu, ou au contraire absolument original, nouveau, surprenant.
Juste une connexion à son désir et à son être le plus organique, même si à cet endroit on a le sentiment de n'être rien de plus qu'une amibe...
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dimanche 10 février 2008
Sirènes et Midi Net de février
Comme vous le savez peut-être, tous les premiers mercredis du mois, la compagnie Lieux Publics invite une autre compagnie sur le parvis de l'Opéra.
Une première sirène retentit, le spectacle commence et se finit quand la seconde sirène retentit à son tour.
Des fois elle sonne avant midi, des fois après midi, des fois elle ne sonne pas...
Et la seconde, des fois, elle sonne 12 minutes après la première, et des fois, plutôt 8 min ou parfois pas.
Des fois il fait très beau mais des fois y'a un mistral à décorner les gabians (plus nombreux à Marseille que les boeufs, mais moins cornus, il est vrai) et on n'entend rien.
Le budget est de 5000€ pour tout. Ca peut sembler beaucoup comme ça, mais en fait c'est rien du tout et ça veut dire que l'invention ne se répète pas pendant des semaines.
Ca doit prendre, grand maximum 5,6 jours de répétitions.
Bref, l'exercice est périlleux, mais il y a maintenant un public fidèle et curieux qui se presse en masse tous les premiers mercredis du mois pour voir un peu ce qui va bien pouvoir se passer.
Ce coup-ci, la compagnie 1 Watt, présentait "Solution".
Une histoire sans histoire qui vous met au pied du mur de briques qu'ils avaient construit là pour l'occasion.
C'est un peu la guerre on dirait, en tous cas ils jouent à la guerre les deux gars qui sont là, courageusement, à deux sur la Parvis de l'Opéra.
Ils ont décidé de faire les clowns à jouer à la guerre comme ça avec des briques qui volent en éclats et des éponges mouillées qui fusent sur la tête du public désigné comme ennemi numéro un, pour rire.
Sans rire.
Parce qu'hélas, c'est pas très drôle.
Et au final, ils pètent le mur, mais ça casse pas des briques (je sais, c'est un peu facile pour cet exercice difficile...)
.
Ca fait rien, je reviendrai le mois prochain.
Ce sera peut-être bien ?
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mardi 5 février 2008
Regarder droit devant soi ?

Je réitère : être joyeux, vivant, toujours dans l'envie de créer et de partager est une véritable résistance et demande de plus en plus de courage.
Ce après avoir lu le commentaire d' Etienne Chouard à propos de la ratification du nouveau traité européen et avant que notre chère assemblée ait débatu aujourd'hui de la légitimité des OGM en plein champ....
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samedi 2 février 2008
Lilith dans les collèges

Nous avons créé il y a deux ans, ce que l'on appelle "une petite forme" autour du mythe de Lilith.
C'était au théâtre de la Passerelle à Gap en réponse au spectacle de Thierry Bédard "Lilith" parlant des conditions de vie des femmes iraniennes.
L'histoire de Lilith serait celle de la première femme, avant Eve, et issue de la même boule d'argile que Adam.
Au moment où Dieu les aurait séparés, Adam n'aurait eu de cesse que de se retrouver pour s'accoupler. Sauf que Adam, ne supportant pas l'idée de se retrouver à aucun moment sous sa femme, provoque la colère de celle-ci. Lilith s'enfuit du Paradis terrestre et va retrouver Satan avec qui elle s'accouple. Tandis que Dieu créé une Eve plus conforme au désir d'Adam à partir d'une de ses côtes (ou de son côté, selon les versions). C'est à dire une femme soumise qui accepte l'idée d'être toujours en dessous de l'homme dont elle est issue.
A la demande du Conseil Général, nous avons élaboré, à partir de cette petite forme, un spectacle destiné à être joué dans les collèges, pour des classes de troisième.
Avec pour but de provoquer le débat autour des questions touchant à l'inégalité filles/garçons.
Cette histoire racontée à des collégiens, "adolescents en construction", a provoqué des réactions assez fortes, voire violentes et fait émergé des faits touchant à l'intimité et à l'intégrité des personnes (filles comme garçons).
Face à ces réactions, nous nous sommes retrouvés un peu démunis.
Avant de réitérer l'expérience, nous avons suivi une "formation" de trois jours avec des personnes d'une association marseillaise travaillant sur le droit des femmes.
Ce que je retiens de ces rencontres :
- Nous touchons à de l'intime dans un cadre scolaire qui n'autorise que très rarement ce genre de connections.
- Nous envoyons des boulets dans la légitimité et le fondement des religions, donc nous remettons en question directement la famille, les parents et les adolescents dans leur construction identitaire.
- Nous touchons aux fonctionnement individuels et collectifs de sociétés dont les fonctionnements et la logique ne sont pas du tout les mêmes selon les origines des élèves que nous rencontrons. Cela a à voir avec des logiques culturelles et économiques.
Comment se différencie-t-on et avons-nous l'espace d'exprimer nos différences, tout en ayant le besoin très fort d'appartenir à un groupe ?
Cet espace, étant de plus en plus restreint, créé des réactions de repli à l'intérieur du groupe, tout en exarcerbant les besoins de s'individualiser...
- Nous questionnons le rapport à la sexualité et à ses représentations dans notre société, représentations qui se limitent souvent pour les adolescents aux images que leur en donnent les adultes au travers du porno.
(Si la femme crie c'est qu'elle est consentante - viol, tournantes s'en trouvent ainsi justifiés, oups -, elle est au service de l'homme, pour être un homme, il faut être dominateur et "super puissant", l'acte sexuel remplace la relation en évacuant l'intime et la prise en considération de l'autre, etc.)
.
Bref, la leçon pour nos futures interventions est de mettre de côté tout ce qui nous semble "bien" et ce qu'il est impensable de penser (l'homme est supérieur à la femme, on ne peut pas permettre aux frères aînés de gérer la vie de leurs soeurs,...)
Venir humblement en tant qu'artistes donner un spectacle et ensuite, notre avis à ce propos.
Ecouter, interroger, recadrer le + objectivement possible (lois, numéros de téléphone d'urgence, orienter vers des assistantes sociales, infirmières, voire commissariat ou procureur), laisser la parole, ne rien condamner et sortir de l'affectif tout en touchant à l'intime.
Challenge !
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OlipO
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dimanche 27 janvier 2008

En réponse à ma petite critique assassine du film de Ken Loach, une amie m'a répondu ceci :
" J'ai lu sur ton blog ton avis sur le film de Ken Loach qui te pète les couilles ce qui est ton droit.
C'est tout de même le seul à faire des films réalistes que j'apprécie beaucoup.
Oui, on vit dans un monde pourri (nous en sommes épargnés et toi et moi car nous sommes tout de même nantis par rapport à d'autres couches de la société ), mais je ne pense pas que Ken Loach puissse penser qu'il n'y a rien a attendre de l'humain qui ne pense qu'à lui et surtout quand il est pauvre.
Que veux tu dire par là ?
Je connais des pauvres qui se battent pour arriver à vivre dans ce pays et se réalisent dans leur combat. Je pense à des sans papiers et particulièrement à une organisation à Toulouse de sans papiers que je connais à travers des copains.
Voilà, je suis une inconditionnelle de Ken Loach, le film le plus dur à supporter pour moi a été LE VENT SE LEVE [...] "
Et voici donc ma réponse :
Je pense justement comme toi que tous les humains ne sont pas des pourris devant l'éternel.
Quand je sors de ce film, je me dis qu'il n'y a rien à attendre de personne dans ce monde pourri et surtout pas des plus pauvres.
Cette femme pauvre et endettée, malgré tout ce qu'elle traverse, finit le film en extorquant de l'argent à une autre pauvre femme de l'Est, qui a elle aussi des enfants et qui donne tout ce qu'elle a dans l'espoir de leur construire un avenir : le film s'arrête là, le message est clair, non ?
Je pense que, pauvres ou riches, il y a des tas de gens biens, qui ont des valeurs, du jugement et de la bonté.
Ken Loach me pète les couilles à me saper le moral.
Et il n'y a pas que lui qui fait des films réalistes, il y a les frères Dardenne, Stephen Frears, Spike Lee, Ang Lee ou même Guédiguian à sa manière.
Ma seule arme de combat dans le monde d'aujourd'hui, c'est l'optimisme et l'envie d'avancer, d'évoluer et de faire évoluer les choses positivement.
C'est une arme bien fragile, donc je me passerai bien à l'avenir des films de Ken Loach.
Non pas parce qu'ils montrent la misère humaine, mais parce qu'il veut nous faire croire que cette misère est une fatalité, donc qu'il n'y a rien à y faire, donc qu'il ne faut pas se révolter contre elle.
Ce mec est dépressif et suicidaire !!
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jeudi 24 janvier 2008
Hamlet, Ken Loach, Leloil et Booker Little
Tout d'abord 3 photos qui donnent à voir une sorte de diversité dans le répertoire à interpréter (décrit dans le blog précédent) avec une petite légère tendance générale à l'excès.
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Et puis le dernier Ken Loach au cinéma.
C'est formidablement fait, joué, cadré, dirigé, tout ce qu'on veut, mais ça commence à me péter les couilles Ken Loach.
Parce que la période n'est pas facile et qu'il me semble que la seule force qu'on ait pour répliquer à tout ce marasme et ce cynisme ambiants, c'est l'envie de vivre, de réaliser, de se réaliser envers et contre tout.
Hors, quand on sort de ce film, on a juste envie de se dire que ce monde est vraiment pourri, qu'il n'y a rien attendre de l'humain qui décidément ne pense qu'à lui, surtout quand il est pauvre, et d'aller promptement allumer le gaz, si on a la chance d'en avoir.
Ou se jeter par la fenêtre, ça c'est accessible à tous...
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Et puis hier soir, un concert de jazz à la Cité de la Musique à Marseille.
Un sextet dirigé par Christophe Leloil, trompettiste et néanmoins ami, et réuni autour de l'oeuvre de Booker Little mort en 1961, à 23 ans après avoir enregistré avec les plus grands, Coltrane, entre autres.
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Difficile de parler de la musique, sauf dire que c'est un répertoire étonnant, avec de grosses variations de tempi, de rythmes et de couleurs tonales ou modales.
On se laisse entraîner, ça donne même envie de bouger.
Quant à l'interprétation, il y a eu plein de beaux moments, d'impro notamment.
A suivre, pour ceux qui aiment le jazz.
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lundi 21 janvier 2008
Hamlet Laforgue Manzoni
Voilà, Gap c'est fini.
Cadre idyllique sur la photo prise depuis la fenêtre de ma chambre, au gîte.
Et cadre de travail réellement agréable tant au niveau humain que géographique.
Le calme et la lumière de Gap sont propices au travail.
Tout comme le reste du temps, ils doivent l'être à l'ennui (ou aux activités sportives selon les tempéraments).
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Dans ma loge, 6 costumes correspondant aux 6 personnages que j'avais à défendre. A savoir : Hamlet, Karl Stewart, Laërte, William, un fossoyeur, un canari.
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Ci-dessous, mon Hamlet brillant de ses milles feux de Prince de Lu.
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Et ensuite, le fameux Karl Stewart que vous avez peut-être déjà rencontré dans un de vos cauchemars, dans une salle des fêtes abandonnée, à mille milles de toute terre habitée, un genre de Petit Prince à l'envers qui demande un mouton pour pouvoir immédiatement l'inclure dans la Belle et la Bête, par exemple.
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Une aventure biscornue, protéiforme, explosée et profondément réjouissante pour nous autres acteurs ayant la chance de faire parti de ce magnifique projet.
C'est la première fois qu'un metteur en scène me fait autant confiance et me laisse prendre une telle place.
Reconnaissance éternelle !
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mardi 8 janvier 2008
Dernière semaine de répétitions
Les gradins ont été installés (les spectateurs sont installés sur le plateau, pas dans la salle).
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Ca met un genre de petite pression : la générale a quand-même lieu dans 6 jours...
On est totalement plongé, du matin au soir dans le spectacle et la naissance qui se prépare est visible sur la photo suivante...
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Ne dirait-on pas un tableau de la nativité ?
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OlipO
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samedi 5 janvier 2008
Hamlet décor Gap création 2008
Alors là, évidemment, beaucoup de temps est passé depuis mon dernier passage sur ce blog.
Beaucoup d'étapes franchies à différents niveaux.
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Le décor a suivi en parallèle cette élaboration, nous rendant compte, jour après jour et de façon concrète, de l'avancée du projet.
Beaucoup de visites et beaucoup d'aides amicales (reconnaitrez-vous le mystérieux D. en combinaison d'ouvrier ?)
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Beaucoup de pistes explorées, développées ou abandonnées.
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Un travail acharné, ultra exigeant mais sans tension excessive.
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Des question, des questions, des questions.
Mais aussi de grands moments de fous rires (et oui, même dans Hamlet, il y a moyen de rigoler).
Et puis le jour de l'an dans le théâtre en compagnie de Yorrick et les autres.
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Hier soir, premier filage. Ouf, ça commence à prendre forme mais il reste un travail monstureux de calage et d'intégration.
Difficile de résumer tout ce par quoi on passe, mais bon, ça donne quand-même une vague idée...
Non ?
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OlipO
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samedi 22 décembre 2007
5ème jour de répétitions
On peut dire que le rythme est soutenu et l'intensité de travail au RV.
Ce qui fait qu'il m'est difficile d'être aussi régulier dans la rédaction de ce blog.
En extrèmement résumé :
- nous avons rencontré un groupe de trois musiciens formidables qui vont participer au spectacle ("Les Tourtons", c'est le nom du groupe. Les tourtons ce sont une spécialité de beignets fourrés à la pomme de terre de Gap, très bon et très léger).
.
- la peinture du décor a commencé
- sophie, l'assistante à la mise en scène est arrivé aujourd'hui
- hier soir, j'avais une grosse boule de fromage blanc à la place du cerveau.
Pour mieux expliquer : apprenez un texte par coeur, mais pas trop quand-même et dites-le très fort en tombant dans un précipice à chaque fois que vous dites un mot contenant la lettre P, en vous écrasant contre un mur à chaque fois que vous tombez sur la letre R et en modelant quelque chose dans l'espace à chaque lettre I.
Le tout avec deux autres personnes, qui disent le même texte et avec d'autres contraintes sur d'autres lettres.
A la fin de la soirée, il ne reste qu'à faire couler du miel sur la tête et à déguster.
Mmmhh!
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mercredi 19 décembre 2007
Hamlet à Gap : 1ère journée de répét
Les répétitions ont commencé.
Le vieux piano bastringue, et le décor sont arrivés ce matin.
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Le décor en pièces détachées et brut de décoffrage, et le piano cadre en bois, innacordable (ça fait partidu projet).
Tout est là, en vrac, y’a plus qu’à rassembler les morceaux.
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A tous les niveaux dailleurs.
Ce sera un Hamlet en vrac, ultra millimétré je pense, mais complètement explosé.
A la manière des films de Lynch.
Une interrogation sur la filiation.
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Une traversée dans l’inconscient, où le rêve et le cauchemar sont parties prenantes de la réalité du théâtre, qui lui-même n’est pas vraiment réel, mais rend compte de notre humanité, elle, bien réelle !
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Un gros travail de construction, déconstruction, en somme.
Le prince Hamlet démontant lui-même son propre mythe.
.
Avec, en sus, une interrogation sur les prolétaires (datée du 19ème, a-t-on vraiment progressé depuis ?)
« L’ordre social existant est un scandale à suffoquer la nature ! [...] Mais quoi ! Ils sont nés là-dedans, c’est une vieille histoire [...]
- Eh oui ! Levez-vous, un beau jour ! mais pour qu’alors ça finisse ! Mettez tout à feu et à sang ! Ecrasez [...] les castes, les religions, les idées, les langues ! Refaites-nous une enfance fraternelle sur la Terre. [...]
Ils sont [...] encore trop lâches devant l’infini. Qu’ils gobent bouche bée un [...] philanthrope quelonque, qui leur chante : « Enrichissez-vous ! »
(Tiens, tiens, ça nous rappelle quelque chose ?!)
Et dire que j’ai eu un instant ma folie d’apôtre [...] !
Ne soyons pas plus prolétaire que le prolétaire. Et toi, Justice humaine, ne soyons pas plus forte que Nature. [...]
Le bon vieux Progrès ou le retour à l’état de nature.
En attendant, bon appétit, et amusez-vous bien dimanche. »
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mardi 18 décembre 2007
Départ pour Gap
Nous y voilà à nouveau.
Après une semaine de répétitions en juillet et 3 semaines en septembre, c’est la dernière ligne droite.
Répétitions du 19 décembre au 14 janvier.
1ère au théâtre de la Passerelle le 15 janvier.
Après un voyage sans encombres, confortablement installés à cinq + les sacs de chacun pour un mois « à la neige », dans notre petite Clio collective, nous nous somes installés dans notre gîte surchauffé (j’adore).
Le paysage est sublime.
Retour au collectif, donc. Tout de suite au Monoprix tous ensemble, tous ensemble, oui.
Pour les courses de petit déjeuner que nous prendrons pendant un mois tous ensemble, oui.
Ce collectif-là, c’est du gâteau pour ainsi dire (et du qui fait plaisir, oui).
Le théâtre nous a invité un spectacle de danse. : « Mille départs de muscles ».
Un regard porté sur l’univers des salles de gym.
Bon, en fait, on s’en fout.
Ca m’a pas énervé, ça m’a pas amusé, ça m’a spécialement ennuyé, ça m’a juste laissé presque totalement indifférent.
Pas beaucoup d’imagination : quelques idées mais pas développées, des ébauches de poésie, de burlesque ou de pathétique, mais timides, timides…
En revanche, on est attendus et accueillis comme des coqs en pâte : on connaît tout le monde.
La compagnie travaille ici depuis plus de quinze ans, alors forcément.
Hamlet a été annoncé en public avant le début du spectacle de danse.
Les quatre représentations sont pleines.
Alors, y’a plus qu’à.
Glps.
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